Suite à ces entretiens avec les mamans, les infirmières et les rencontres avec l'animatrice de la Leche League, je vais développer dans cette troisième partie, mes hypothèses de réponses et ensuite j'annoncerai mes propositions de réponses, en tant qu'infirmière, à mettre en place. Je terminerais en évoquant le mode d'évaluation des solutions suggérées.
Après ces nombreuses constatations il en ressort : Le manque d'information et le manque de soutien de la femme allaitante
Je pense qu'il est capital de mettre des moyens en place afin d'y remédier. Mais j'ai constaté les mêmes soucis au niveau des mères et des soignants.
Les professionnels sont peu informés, ils ne peuvent donc pas conseiller les jeunes accouchées sur l'allaitement et encore moins les soutenir correctement.
Suite au constat fait du point de vue des mamans et des professionnels, je vais développer plusieurs moyens qu'on peut élaborer et mettre en place afin de réduire au minimum les échecs de l'allaitement maternel qui j'espère porterons ses fruits et permettront aux infirmières de poser le diagnostic infirmier d'allaitement efficace. [1]
L'accompagnement d'une femme qui allaite peut paraître simple, banal et sans difficulté particulière. Pourtant c'est un accompagnement délicat qui demande au personnel soignant du temps, de l'écoute et du soutien ainsi que des connaissances.
L'aide à l'allaitement en maternité passe par la mise en place d'une relation de confiance entre la maman et les soignants, l'équipe s'investit dans cette relation. Garder à l'esprit l'importance du soutien psychologique et du respect de la patiente en toutes circonstances d'autant que le post-partum est une période difficile où la maman est relativement fragile émotionnellement.
A tout moment il faut être prête à accepter que la maman décide d'arrêter sans la juger ni la forcer à continuer l'allaitement. Voir avec la mère les raisons qui la poussent et si elle désir cesser alors respecter toujours son choix et la soutenir. Certaines mères se rendent compte au bout de quelques tétées qu'elle ne supporte pas cette proximité avec son bébé, d'autre se sentent vidées, " bouffées " après la mise au sein. Ce qui peut les faire cesser l'allaitement. Il s'agit d'une relation entre la mère, son histoire, sa culture, ses sentiments et son bébé et en tant que soignante nous ne devons pas interférer dans cette relation. C'est toute l'histoire de cette mère qui émerge pendant cette période.
Connaître le projet d'allaitement de la mère pour l'accompagner car chaque femme, en fonction de son histoire et de ce qu'elle va vivre avec son bébé, à un projet concernant la durée de son allaitement. Le connaître permet de répondre vraiment à la demande des mères sans projeter son propre modèle personnel. Un sevrage prématuré est tout aussi douloureux à vivre pour la femme qui avait voulu allaiter un mois et qui doit arrêter à cinq jours, que pour une mère qui voulait allaiter pendant quatre mois et ne peut faire plus de deux mois. Par contre, redire à la mère que ce qu'elle décidera en la matière, si c'est son choix, sera bon pour elle et pour son bébé. Cela peut aider à lever tout sentiment de culpabilité pour celles qui choisissent de ne pas poursuivre ce type d'alimentation.
L'infirmière doit être attentive aux demandes de la mère et doit la soutenir du mieux qu'elle peut. C'est primordial pour le bien être de la maman et de son bébé mais aussi pour la poursuite de l'allaitement. Tout le succès de l'allaitement au sein et l'autonomie de la mère à cet égard repose sur l'aide apporté par les infirmières.
Répondre à toutes questions posées par la maman en ne donnant pas de conseils généraux qui seraient probablement inadapté. Reformulé la question, voir ce qu'elle en pense et faire une réponse individuelle en fonction de la femme et de son bébé. C'est certainement plus long mais cela permet d'amener la mère vers une autonomie par rapport a son allaitement. Certaines femmes n'osent pas poser de questions de peur de déranger, notre rôle est de leurs dirent de ne pas hésiter à demander des informations pendant leur séjour en maternité.
Je pense qu'il est important de prendre du temps avec les mamans et leur apporter beaucoup d'attention pour qu'elles puissent ce consacrer exclusivement à leur bébé. Car lui aussi a besoin d'écoute, d'amour et de soutien. Par ailleurs il est nécessaire d'aborder l'allaitement le plus tôt possible au cours de la grossesse pour que le couple puisse faire son choix mais également pour expliquer aux mamans que l'allaitement n'est pas toujours facile, que cela demande une certaine disponibilité pour son enfant et qu'elle doit se préparer à cet allaitement.
Je pense qu'il faut promouvoir l'allaitement maternel mais il est nécessaire que les parents connaissent les difficultés, en cas de moins bon fonctionnement, mais aussi il me semble important de leur rappeler tous les avantages (composition du lait, coté nutritif pour l'enfant mais aussi la facilité de donner le sein quand tout fonctionne bien, pas de préparations par exemple). Même si la maman s'est bien préparée il faut aussi qu'elle sache que l'allaitement se fait à deux. Peut être que son bébé ne tétera pas tout de suite ou pas très bien. Il faudra donc qu'elle soit patiente et qu'elle l'aide.
Introduire le nouveau-né dans l'information de l'allaitement c'est déjà le situé comme une personne à part entière avec ses compétences et ses difficultés, son éveil se fait très rapidement en quelques jours. Insister sur le fait de lui faire confiance car il sait ce dont il a besoin et sait très rapidement appeler ses parents quand il a besoin de se nourrir ou d'être changer.
Lors des cours de préparation à l'accouchement expliquer comment préparer ses seins et donner quelques nom d'ouvrages sur l'allaitement maternel ou des noms d'associations.
| [1] | Annexe : Diagnostics infirmiers |