Ma sensibilisation à propos de l'allaitement maternel et du rôle de l'infirmière s'est faite en fin de deuxième année lors de mon stage optionnel en service de néonatologie. Durant ce stage, j'ai pu aller une journée en salle de travail et une journée en maternité.
Ma journée en salle de travail s'est très bien passée, je n'avais jamais vu d'accouchement jusqu'à ce jour et c'était très émouvant. Mais une chose m'a choquée, une maman venant d'accoucher de son troisième enfant a demandé à la sage-femme, lorsque les soins au nouveau-né étaient terminés, si elle pouvait avoir son bébé pour le mettre au sein, sur ce, la sage femme lui a répondu qu'elle devait attendre d'être dans sa chambre et que les auxiliaires de puériculture, en suite de couches, ferons la mise au sein. C'est à dire deux heures minimum après la naissance (puisque les textes de lois précises qu'il faut une surveillance minimum de deux heures après l'accouchement de la maman à cause du risque hémorragique et du nouveau- né). J'ai donc demandé à la sage-femme pourquoi elle lui avait refusé, elle m'a rétorqué qu'elle n'avait pas le temps et que régulièrement les mises au sein se font en maternité.
Pourtant de nombreux auteurs qui ont étudié la première mise au sein ont démontré que plus tôt le bébé était mis au contact du sein mieux se passera l'allaitement. Et ils recommandent de le débuter dans la première heure de vie. Donc la mise au sein précoce est indispensable.
Par ailleurs lorsque je suis allée une journée en maternité, j'ai remarqué que les auxiliaires de puériculture n'avaient malheureusement pas le temps nécessaire pour se consacrer aux mamans qui avaient des difficultés à allaiter leur bébé, donc les mises au sein se faisaient rapidement sans intimité voir même parfois un peu brutale à mon goût. C'est à dire que l'auxiliaire de puériculture forçait légèrement l'enfant s'il ne prenait pas le mamelon tout de suite. De ce faite la maman qui bien souvent était primipare se sentait frustrée et désemparée ne sachant plus quoi faire pour que son bébé tète. J'ai pu également observer des premières mises au sein se déroulant très bien mais environ vingt-quatre à quarante-huit heures après le début de l'allaitement une angoisse apparaissait chez certaines femmes ce qui entraînait souvent l'arrêt de l'allaitement maternel pour le passage au biberon.
A la suite de ces situations j'ai réfléchi sur l'allaitement et mon rôle en tant qu'infirmière. Tout d'abord je n'avais jamais pensé à ce sujet car pour moi allaiter son enfant était quelque chose de naturel et donc simple sans souci. Je me disais que le bébé tétait tout de suite comme ça, naturellement. Mais je me suis vite rendu à l'évidence que ce n'était pas si facile ni pour le nouveau-né ni pour la maman. Et que trop souvent les mamans qui avaient choisi d'allaiter avant d'entrer à la maternité ont arrêté leur allaitement pendant leur séjour.
En rentrant à l'institut de formation en soins infirmiers j'ai demandé à mes collègues de promotion ce qu'elles pensaient de l'allaitement maternel et si elles croyaient que cela se faisait naturellement. Elles avaient toutes la même façon de voir l'allaitement comme moi c'est à dire simple, naturel et surtout sans difficulté. Quelques-unes une avaient fait un stage en maternité, elles m'ont rapporté leur étonnement face aux problèmes pendant la mise au sein et l'allaitement. Elles avaient plus ou moins observé les mêmes situations que moi.
C'est pourquoi, j'ai choisi de faire mon travail de fin d'études sur le thème de l'allaitement maternel et plus précisément sur les difficultés à allaiter. Car en tant que future professionnelle de santé, et peut-être en tant que puéricultrice puisque je souhaite me spécialiser après mon Diplôme d'Etat d'Infirmière, mon but est d'améliorer la prise en charge de la femme enceinte et de la femme en suite de couches. Je pense que l'infirmière à un rôle primordiale dans l'information, l'aide et le soutien de la femme allaitante.
Dans une première partie, je ferai un rappel sur la naissance, l'anatomie et la physiologie du sein et enfin sur l'allaitement maternel. J'exposerai quelques cas concrets de femmes ayant des difficultés à allaiter leur bébé. Et je ferai référence aux textes de lois qui régissent la profession d'infirmière et donc mon rôle auprès de ses femmes. Et pour finir, j'exposerai ma problématique.
Dans une seconde partie, je développerai ma méthodologie et l'analyse des réponses des entretiens que j'ai effectués auprès de mamans et d'infirmières.
Dans une troisième partie, j'annoncerai mes hypothèses de réponses, par rapport à ma problématique. Puis, en me situant en tant que future infirmière, je proposerai des actions afin de répondre au mieux à cette problématique.
Puis, je conclurai mon travail en expliquant ce qu'il m'a apporté professionnellement et personnellement.